Progressif, familialisé, déclaratif : l’impôt sur le revenu obéit à une logique précise en sept étapes. Foyer fiscal, revenu imposable, quotient familial : les fondations à maîtriser avant toute optimisation.
L’impôt sur le revenu (IR) est un impôt annuel qui frappe l’ensemble des revenus perçus par un foyer au cours d’une année civile. Il repose sur trois piliers : il est progressif (le taux augmente avec le revenu), familialisé (il tient compte de la composition du foyer) et déclaratif (chaque foyer déclare ses revenus).
La progressivité est sa caractéristique essentielle : contrairement à un impôt proportionnel à taux unique, l’IR applique des taux croissants par tranches. Plus le revenu est élevé, plus la fraction située dans les tranches hautes est lourdement taxée.
La progressivité vise une logique de solidarité : la contribution augmente plus vite que le revenu. C’est pourquoi comprendre le mécanisme des tranches est indispensable avant toute stratégie d’optimisation.
L’IR n’est pas individuel mais familial : il s’applique au foyer fiscal, c’est-à-dire l’ensemble des personnes dont les revenus sont portés sur une même déclaration.
| Composition du foyer | Qui en fait partie |
|---|---|
| Le contribuable | Célibataire, ou couple marié/pacsé (imposition commune) |
| Les personnes à charge | Enfants mineurs, enfants majeurs rattachés sous conditions |
| Les personnes invalides | Sous conditions, recueillies sous le toit |
Les couples mariés ou pacsés font une déclaration commune (un seul foyer). Les concubins, eux, restent deux foyers fiscaux distincts et déclarent séparément. L’année du mariage ou du PACS, le couple peut opter, une seule fois, pour une déclaration séparée.
Le calcul de l’IR suit une chaîne logique en plusieurs étapes. Chacune a ses règles propres.
| Étape | Opération |
|---|---|
| 1. Revenu brut global | Somme des revenus catégoriels (salaires, fonciers…) |
| 2. Revenu net global | Après déduction des charges (CSG déductible, pensions…) |
| 3. Revenu net imposable | Après abattements spéciaux éventuels |
| 4. Quotient familial | Division par le nombre de parts |
| 5. Application du barème | Calcul par tranches sur une part |
| 6. Impôt brut | Multiplication par le nombre de parts |
| 7. Impôt net | Après réductions et crédits d’impôt |
On part des revenus, on retire les charges, on divise par les parts, on applique le barème, puis on remultiplie par les parts et on retranche les avantages fiscaux. Chaque guide de cette section approfondit une de ces étapes.
Le passage du revenu perçu au revenu imposable n’est pas neutre : plusieurs déductions interviennent et réduisent la base taxée.
Thomas perçoit 36 000 € de salaire net imposable. Après l’abattement forfaitaire de 10 % pour frais professionnels (3 600 €), son revenu net catégoriel tombe à 32 400 €. S’il n’a pas d’autre revenu ni charge déductible, c’est ce montant qui servira de base au calcul de l’impôt.
Les principales charges déductibles du revenu global sont les pensions alimentaires versées, une fraction de la CSG sur certains revenus du patrimoine, et les versements sur un PER (dans les limites légales).
Le quotient familial est le mécanisme qui familialise l’impôt. Il consiste à diviser le revenu imposable par un nombre de parts dépendant de la situation et des charges de famille, avant d’appliquer le barème.
| Situation | Nombre de parts |
|---|---|
| Célibataire sans enfant | 1 |
| Couple marié/pacsé | 2 |
| + 1er et 2e enfant | + 0,5 part chacun |
| + à partir du 3e enfant | + 1 part chacun |
En divisant le revenu par plus de parts, on applique le barème à un revenu par part plus faible, donc à des tranches plus basses. C’est l’avantage familial — mais il est plafonné, comme l’explique le guide dédié au quotient familial.