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📊 Fiscalité~12 min de lectureNiveau : IntermédiaireMis à jour le 21 mai 2026

Les revenus fonciers : micro-foncier, réel et déficit

Loyers de location nue : micro-foncier (abattement 30 %) ou régime réel (charges déductibles) ? La règle des 30 %, le déficit foncier et le poids des prélèvements sociaux de 17,2 %, avec exemples chiffrés.

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Ce que recouvrent les revenus fonciers

Les revenus fonciers sont les loyers tirés de la location de biens immobiliers non meublés (location nue). La location meublée relève, elle, des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) — un régime traité dans la section Immobilier.

Ces revenus sont imposés au barème progressif de l’IR, dans la catégorie des revenus fonciers, et supportés en plus les prélèvements sociaux de 17,2 %. Deux régimes d’imposition coexistent : le micro-foncier et le réel.

💡 Location nue = revenus fonciers ; meublée = BIC

Cette distinction est fondamentale : elle détermine le régime fiscal, les charges déductibles et les possibilités d’amortissement. Ce guide traite la location nue ; le LMNP fait l’objet de guides dédiés dans la section Immobilier.

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Le micro-foncier

Le micro-foncier est un régime simplifié accessible si les revenus fonciers bruts annuels du foyer ne dépassent pas 15 000 €.

CaractéristiqueDétail
Plafond15 000 € de loyers bruts/an
Abattement30 % forfaitaire (censé couvrir les charges)
DéclarationReport direct du montant brut, sans annexe
Imposition70 % des loyers, au barème + 17,2 %
✅ Simple, mais pas toujours optimal

Le micro-foncier évite toute comptabilité. Mais si vos charges réelles (travaux, intérêts d’emprunt, taxe foncière) dépassent 30 % des loyers, le régime réel devient plus avantageux.

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Le régime réel

Le régime réel permet de déduire les charges réelles au lieu de l’abattement forfaitaire. Il est obligatoire au-delà de 15 000 € et optionnel en deçà (engagement de 3 ans).

Charges déductibles au réelExemples
Travaux d’entretien et réparationRéfection, remise en état
Intérêts d’empruntCrédit du bien loué
Taxe foncièreHors taxe d’enlèvement des ordures récupérable
Charges de copropriétéPart non récupérable
Assurances, gestionPNO, honoraires d’agence
🧾 Exemple — Isabelle, gros travaux

Isabelle perçoit 12 000 € de loyers et engage 9 000 € de travaux. Au micro-foncier, elle serait taxée sur 8 400 € (70 %). Au réel, après déduction des travaux et autres charges, son revenu foncier imposable devient négatif : elle ne paie aucun impôt foncier et crée du déficit. Le réel est ici très nettement gagnant.

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Le déficit foncier

Lorsque les charges déductibles dépassent les loyers, on crée un déficit foncier, imputable sur le revenu global dans une certaine limite — un levier de défiscalisation puissant.

Règle du déficit foncierDétail
Imputation sur le revenu globalJusqu’à 10 700 €/an
Origine hors intérêtsSeules les charges hors intérêts sont imputables sur le global
ExcédentReportable sur les revenus fonciers 10 ans
EngagementLocation maintenue 3 ans après imputation
💡 Un levier détaillé ailleurs

Le déficit foncier est si important qu’il fait l’objet d’un guide complet dans la section Immobilier (plafonds, doublement pour rénovation énergétique, articulation avec les niches). Ce guide en pose le principe général.

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L’impact des prélèvements sociaux

Au-delà de l’impôt au barème, les revenus fonciers supportent les prélèvements sociaux de 17,2 %, ce qui alourdit sensiblement la fiscalité réelle.

🧾 Exemple — Le coût fiscal réel

Pour un contribuable au TMI de 30 %, 1 000 € de revenu foncier net sont taxés à 30 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 47,2 %. Il ne reste que ~528 € nets. C’est pourquoi optimiser les charges déductibles est essentiel en location nue.

⚠️ Une fraction de CSG déductible

Lorsque les revenus fonciers sont imposés au barème, une partie de la CSG (6,8 points) est déductible du revenu global de l’année suivante. Un petit allègement à ne pas oublier.

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FAQ

Comment déclarer ses revenus fonciers ?
En micro-foncier (recettes < 15 000 €/an) : reporter le montant brut case 4BE, l’abattement de 30 % est automatique. En régime réel : remplir le formulaire 2044 (ou 2044 SPE pour Malraux, monuments historiques), détaillant chaque bien, recettes et charges déductibles. Le résultat (bénéfice ou déficit) est reporté sur la 2042. Les propriétaires en SCPI reçoivent un relevé fiscal de la société de gestion à reporter.
Quels sont les pièges courants dans la déclaration des revenus fonciers ?
Principaux pièges : (1) oublier de déclarer les loyers perçus en décembre (encaissés mais peut-être confondus avec janvier suivant), (2) déduire des travaux non déductibles (construction, agrandissement), (3) ne pas vérifier la règle des 3 ans après imputation d’un déficit (sous peine de remise en cause), (4) oublier la quote-part de charges de copropriété non récupérables, (5) confondre charges provision nées et charges effectivement payées.
Le micro-foncier est-il toujours ouvert si on détient des SCPI ?
Non. Le micro-foncier est réservé aux contribuables dont les recettes brutes annuelles n’excèdent pas 15 000 € et qui ne détiennent pas de biens relevant d’un régime spécial (Malraux, monuments historiques, Borloo, Robien ancien). Les revenus de SCPI peuvent être intégrés dans le micro-foncier uniquement si le total (immobilier direct + SCPI) reste sous 15 000 €.
Les dépôts de garantie perçus doivent-ils être déclarés ?
Non. Les dépôts de garantie (caution) perçus ne sont pas des revenus imposables tant qu’ils sont restitués au locataire à son départ. Ils ne figurent donc pas dans la déclaration de revenus fonciers. En revanche, si le dépôt de garantie est conservé pour payer des dégradations ou loyers impayés, la partie conservée n’est pas un revenu (elle compense une perte) et reste hors déclaration.
Peut-on déduire les frais de gestion payés à une agence ou une plateforme ?
Oui, en régime réel. Les honoraires de gestion locative versés à une agence immobilière, les commissions de plateformes de location (Airbnb pour le long terme), ou les honoraires d’un administrateur de biens sont intégralement déductibles des revenus fonciers. Les frais de gestion comptable liés à l’activité foncière le sont aussi. La facture de l’agence suffit comme justificatif.
La taxe foncière est-elle déductible des revenus fonciers ?
Oui, intégralement, pour les biens locatifs. La taxe foncière (hors taxe d’enlèvement des ordures ménagères TEOM, récupérable sur le locataire) est déductible l’année de son paiement effectif. Si la taxe foncière est payée en décembre, elle est déduite de l’année en cours. Pour la résidence principale, la taxe foncière n’est pas déductible (elle n’est liée à aucun revenu locatif).
Sources & références
1CGI, art. 14 à 31 — Revenus fonciers Legifrance →
2CGI, art. 32 — Régime micro-foncier Legifrance →
3CGI, art. 156, I-3° — Déficit foncier Legifrance →
4BOFiP BOI-RFPI-BASE — Revenus fonciers Legifrance →