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🏠 Immobilier~13 min de lectureNiveau : AvancéMis à jour le 21 mai 2026

Transmettre son patrimoine immobilier

L’immobilier est l’actif le plus taxé en succession. Donation, démembrement, SCI familiale : les leviers pour transmettre à moindre coût, voire sans droits, à condition d’anticiper.

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Pourquoi anticiper la transmission immobilière

L’immobilier est l’actif le plus lourdement taxé lors d’une succession : il ne bénéficie d’aucun abattement spécifique comme l’assurance-vie, et sa valeur élevée fait vite franchir les tranches supérieures du barème. Anticiper, c’est réduire légalement la facture — parfois à zéro.

Transmettre tard et sans préparation expose les héritiers à un double piège : des droits élevés, et l’obligation de vendre dans l’urgence pour les payer. À l’inverse, une transmission étalée exploite le renouvellement des abattements et les décotes du démembrement.

⚠️ L’immobilier n’échappe pas aux droits

Contrairement à une idée répandue, aucun régime de faveur général n’allège les droits sur la résidence principale transmise par décès (hors abattement de 20 % sur sa valeur vénale pour le calcul, sous conditions). La seule véritable optimisation passe par l’anticipation.

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La donation de son vivant

La donation permet de transmettre de son vivant en profitant des abattements renouvelables. Chaque parent peut donner à chaque enfant 100 000 € en franchise de droits, reconstituables tous les 15 ans (CGI, art. 779).

LienAbattementPériodicité
Par parent et par enfant100 000 €Tous les 15 ans
Grand-parent → petit-enfant31 865 €Tous les 15 ans
Époux / partenaire PACS80 724 €Tous les 15 ans
Entre frères et sœurs15 932 €Tous les 15 ans
🧾 Exemple — les époux Mercier, immeuble de 400 000 €

Deux parents, deux enfants. En donnant la pleine propriété, chaque enfant reçoit 200 000 €, couverts à hauteur de 200 000 € d’abattements (100 000 € × 2 parents). Droits dus : sur le surplus seulement. En répétant l’opération après 15 ans, on transmet un patrimoine important quasiment sans impôt.

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Le démembrement comme accélérateur

Donner la nue-propriété en conservant l’usufruit est l’outil le plus efficace. Les droits ne sont calculés que sur la valeur de la nue-propriété, déterminée par le barème fiscal de l’article 669 du CGI selon l’âge du donateur.

Âge de l’usufruitierValeur usufruitValeur nue-propriété
51 à 60 ans50 %50 %
61 à 70 ans40 %60 %
71 à 80 ans30 %70 %
81 à 90 ans20 %80 %
✅ Le double avantage

Les droits sont réduits (calculés sur une fraction de la valeur), et surtout, au décès de l’usufruitier, la pleine propriété se reconstitue sans aucun droit supplémentaire (CGI, art. 1133). Le donateur conserve l’usage et les loyers sa vie durant.

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SCI et transmission des parts

Loger l’immobilier dans une SCI familiale démultiplie les possibilités. On ne transmet plus un bien indivisible, mais des parts sociales que l’on peut donner par petits paquets, au fil des abattements.

La transmission des parts cumule plusieurs leviers : donation étalée dans le temps, démembrement des parts, et éventuelle décote pour illiquidité et minorité (la valeur des parts peut être inférieure à la quote-part théorique de l’actif).

💡 Statuts sur mesure

Les statuts de la SCI peuvent organiser la gouvernance : les parents restent gérants et gardent le contrôle même après avoir donné la majorité des parts. C’est l’outil idéal pour transmettre sans perdre la maîtrise de la gestion.

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Construire une stratégie sur 15 ans

La transmission optimale se construit dans la durée. Un plan typique combine plusieurs opérations espacées pour exploiter au maximum le renouvellement des abattements.

ÉtapeActionEffet
Année 0Donation nue-propriété (parents 60 ans)Droits sur 50 % seulement
Année 0Application des abattements 100 000 €Réduit voire annule les droits
Année 15Nouvelle donationAbattements reconstitués
Au décèsReconstitution de l’usufruitAucun droit supplémentaire
🛇️ Le piège à éviter

Ne jamais dépouiller totalement le donateur : conserver l’usufruit (donc les revenus) et une épargne de précaution est essentiel. Une donation excessive peut aussi heurter la réserve héréditaire des autres enfants et être remise en cause au décès.

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FAQ

Comment transmettre un bien immobilier de son vivant ?
Trois voies principales : (1) la donation directe en pleine propriété (l'abattement de 100 000 € s'applique), (2) la donation de la seule nue-propriété en gardant l'usufruit (vivre dans le bien ou en percevoir les loyers), (3) la donation-partage qui fixe définitivement les droits de chacun des héritiers. Chaque approche a ses avantages fiscaux et familiaux selon l'âge du donateur et la composition du patrimoine.
Donner la nue-propriété d'un immeuble est-il vraiment intéressant ?
Oui, surtout jeune. La valeur taxable de la nue-propriété est réduite selon l'âge du donateur (barème fiscal art. 669 CGI) : à 60 ans, la nue-propriété vaut 50 % de la pleine propriété. Un immeuble de 400 000 € donné à 60 ans est taxé sur 200 000 € seulement. À l'extinction de l'usufruit (décès du donateur), l'enfant reçoit la pleine propriété sans droits supplémentaires.
Peut-on transmettre un bien immobilier via une SCI ?
Oui, et c'est très courant. La SCI familiale permet de transmettre des parts de société progressivement (en utilisant les abattements), de décorer facilement l'actif (parts de SCI plutôt qu'un immeuble indivisible), et d'appliquer une décote de liquidité sur les parts (10–15 %, admise par l'administration) réduisant la base taxable. La SCI à l'IS permet aussi de capitaliser les loyers plutot que de les distribuer.
Quel est l'impact fiscal de la transmission d'un bien locatif ?
Si le bien est transmis en succession, il entre dans l'actif taxable aux droits de succession. En cas de donation, les droits de donation s'appliquent sur la valeur vénale. La plus-value latente n'est pas taxée lors d'une succession (purge de la plus-value au décès), ce qui est un avantage considérable pour les biens fortement appréciés. En donation, la plus-value potentielle est en quelque sorte transmise à l'enfant (qui devra payer si revente).
Qu'est-ce que la clause de remploi et quand l'utiliser ?
La clause de remploi prévue dans un acte de donation impose au donataire de réinvestir le produit d'une vente éventuelle dans un nouveau bien du même type. Elle est utilisée pour s'assurer que le bien transmis reste dans le patrimoine familial sans pouvoir être dilapidé. Cette clause doit être prévue expressément dans l'acte notarié et peut être assortie de conditions (durée de conservation minimale).
Peut-on transmettre un bien locatif en conservant les revenus ?
Oui, par le démembrement de propriété. Le donateur conserve l'usufruit (droit de percevoir les loyers ou d'habiter le bien), les enfants reçoivent la nue-propriété aujourd'hui. Le nu-propriétaire n'a pas accès aux revenus pendant l'usufruit. À la fin de l'usufruit (décès du donateur), il devient plein propriétaire et peut disposer librement du bien et de ses revenus.
Sources & références
1CGI, art. 779 — Abattements sur les donations Legifrance →
2CGI, art. 669 — Barème de l’usufruit Legifrance →
3CGI, art. 1133 — Reconstitution de l’usufruit Legifrance →
4CGI, art. 790 G — Dons familiaux de sommes d’argent Legifrance →