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💵 Stratégie~12 min de lectureNiveau : AvancéMis à jour le 20 mai 2026

Le PFU et la fiscalité des revenus du capital

Depuis 2018, le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) — aussi appelé « flat tax » de 31,4 % — s’applique par défaut à la quasi-totalité des revenus du capital : dividendes, intérêts, plus-values. Ce guide vous explique qui paie quoi, quand le barème progressif de l’IR est plus avantageux, et comment les différentes enveloppes patrimoniales permettent de réduire l’imposition.

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Qu’est-ce que le PFU ?

Le PFU§ 200 A CGI est un taux d’imposition unique de 31,4 % applicable aux revenus du capital mobilier (dividendes, intérêts, plus-values de cession de valeurs mobilières). Il se décompose en : 12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux.

31,4 %
PFU global
12,8 %
Fraction IR
18,6 %
Prélèvements sociaux
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Ce que couvre le PFU

Type de revenuPFU applicableExceptions / Notes
Dividendes d’actions françaises et étrangèresOuiRetenue à la source prélevée par la banque
Intérêts (livrets bancaires, comptes à terme)OuiLivrets réglementés (Livret A, LEP) exonérés
Plus-values sur CTOOuiMoins-values déductibles sur 10 ans
Revenus AV (rachat)Oui (<8 ans)7,5 % seulement après 8 ans + abatt.
Plus-values PEA (>5 ans)Non (exonéré IR)Seuls 18,6 % PS restent dus
Revenus fonciers (SCPI, immo direct)NonSoumis au barème IR + 18,6 % PS
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PFU vs barème progressif IR — quand choisir quoi ?

L’option barème IR (globale, irrévocable pour l’année) peut être préférable dans certains cas :

SituationChoisir…Raison
TMI = 0 % ou 11 %Barème IR12,8 % PFU > 0 ou 11 % TMI
Dividendes importants, TMI 30 %Barème IRAbatt. 40 % réduit la base : 30% × 60% = 18% eff.
TMI ≥ 30 %, plus-values dominantesPFU (12,8 %)TMI 30 % > 12,8 % sans abattement
TMI 45 %, revenus variésPFU (12,8 %)Nettement avantageux vs 45 % TMI
📊 Exemple chiffré — dividendes TMI 30 %

Marie reçoit 10 000 € de dividendes bruts sur CTO (TMI 30 %).
PFU : 10 000 × 31,4 % = 3 140 € d’impôts.
Barème IR avec abatt. 40 % : base = 6 000 € × (30 % IR + 18,6 % PS) = 6 000 × 47,2 % = 2 832 €.
Avantage barème : +168 €. Marginal mais réel.

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Les prélèvements sociaux (PS) en détail

Les prélèvements sociaux (18,6 %) se composent de§ L136-6 CSS :

ContributionTaux
CSG (Contribution Sociale Généralisée)9,20 %
CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale)0,50 %
Prélèvement de solidarité7,50 %
Total17,20 %
💡 La CSG partiellement déductible

Si vous optez pour le barème progressif IR, 6,8 % de CSG (sur les 9,2 % de CSG) sont déductibles du revenu imposable de l’année suivante. Cet avantage s’applique aux revenus du capital du patrimoine (dividendes, intérêts) mais pas au PFU (où la CSG n’est pas déductible).

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Optimisation fiscale par enveloppe

La fiscalité réelle des revenus dépend de l’enveloppe dans laquelle ils sont générés :

EnveloppeImposition des gainsNiveau d’optimisation
Livrets réglementés0 % (IR + PS)Maximum
PEA >5 ans0 % IR + 18,6 % PSTrès élevé
AV >8 ans7,5 % IR + 18,6 % PS (+ abatt.)Elevé
PER (déduction à l’entrée)IR barème à la sortie + 18,6 % PSMoyen (dépend TMI)
CTOPFU 31,4 %Standard
Immobilier directTMI + 18,6 % PS (revenus fonciers)Faible (hors déduction charges)
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Déclaration — mode d’emploi

Pour les revenus CTO : votre banque ou courtier transmet un IFU (Imprimé Fiscal Unique) avant le 31 mars, pré-remplissant votre déclaration 2042. Vérifiez les montants et cochez l’option barème si elle vous est favorable (case 2OP de la déclaration).

  • Case 2DC : dividendes bruts reçus
  • Case 2TR : produits de taux (intérêts) bruts
  • Case 3VG : plus-values imposables (nettes de moins-values)
  • Case 2OP : option barème progressif IR (globale)
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FAQ complète

Le PFU est-il prélevé à la source ?
Partiellement. Pour les dividendes et intérêts, un acompte de 12,8 % (IR) est prélevé à la source par l’établissement financier, plus les 17,2 % de prélèvements sociaux — soit 30 % au total. Pour les plus-values de cession, le PFU est déclaré et payé lors de la déclaration fiscale annuelle, sans prélèvement à la source automatique. Les foyers à faibles revenus peuvent demander une dispense d’acompte.
Peut-on choisir le barème progressif plutôt que le PFU ?
Oui, et c’est intéressant si votre tranche marginale d’imposition est de 0 % ou 11 %. Dans ce cas, le barème (+ 17,2 % de prélèvements sociaux) peut être inférieur au PFU de 30 %. L’option barème est globale : elle s’applique à tous les revenus du capital de l’année, pas seulement à certains. Elle permet aussi de déduire la CSG (6,8 %) de son revenu imposable. L’arbitrage se fait lors de la déclaration.
L’option barème peut-elle être choisie après coup ?
Oui, l’option barème progressif se choisit lors de la déclaration de revenus annuelle (case 2OP à cocher). Elle s’applique alors à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l’année. Si vous avez déjà subi un prélèvement à la source (acompte IR sur dividendes), il sera déduit de l’impôt final. Le choix est irrévocable pour l’année concernée mais renouvelable chaque année.
Les revenus du PEA entrent-ils dans la déclaration ?
Pas tant que les fonds restent dans le PEA. Les dividendes et plus-values réalisés à l’intérieur du PEA capitalisent sans imposition. Ils ne deviennent imposables qu’au moment d’un retrait : exonérés d’IR après 5 ans de détention (mais soumis aux 17,2 % de prélèvements sociaux sur les gains). Avant 5 ans, la clôture du PEA entraîne une imposition au PFU ou au barème.
Le PFU s’applique-t-il aux dividendes étrangers ?
Oui, les dividendes de sociétés étrangères perçus par un résident fiscal français sont soumis au PFU de 30 %. Mais il faut tenir compte des retenues à la source étrangères (souvent 15 % pour les dividendes américains, 26,375 % pour les allemands). Ces retenues sont généralement récupérables via un crédit d’impôt en France, dans la limite des conventions fiscales bilatérales.
Les plus-values immobilières sont-elles soumises au PFU ?
Non. Les plus-values immobilières (vente d’un bien immobilier) relèvent d’un régime spécifique : imposition à 19 % (IR) + 17,2 % (prélèvements sociaux) = 36,2 %, avec des abattements pour durée de détention qui mènent à une exonération totale après 22 ans (IR) et 30 ans (PS). Le PFU de 30 % ne concerne que les revenus financiers (intérêts, dividendes, plus-values sur valeurs mobilières).
Comment le PFU s’applique-t-il aux intérêts de livrets bancaires non réglementés ?
Les intérêts des livrets bancaires ordinaires (comptes rémunérés, super-livrets) sont soumis au PFU de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS), prélevé directement par la banque. À l’inverse, les intérêts du Livret A, LDDS et LEP sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux. C’est l’un des avantages clés des livrets réglementés.
Peut-on être exonéré du PFU ?
Oui, dans certains cas. Les contribuables dont le revenu fiscal de référence (RFR) est inférieur à certains seuils (25 000 € pour un célibataire, 50 000 € pour un couple) peuvent demander une dispense d’acompte IR sur les dividendes et intérêts. Par ailleurs, les revenus générés dans un PEA après 5 ans, ou une assurance-vie après 8 ans (dans les limites d’abattement), bénéficient d’une imposition réduite ou nulle.
Comment les moins-values compensent-elles les plus-values sous le PFU ?
Les moins-values mobilières (pertes sur ventes d’actions, obligations…) sont imputables sur les plus-values de même nature la même année ou lors des 10 années suivantes. Si vos moins-values excèdent vos plus-values, vous ne payez pas de PFU sur les gains. Il est donc intéressant de réaliser des moins-values latentes en fin d’année pour « nettoyer » le portefeuille et réduire la base imposable (tax loss harvesting).
Le PFU s’applique-t-il aux revenus d’une assurance-vie ?
Uniquement lors des rachats. Les gains restant dans le contrat capitalisent sans imposition annuelle. Lors d’un rachat partiel ou total, la fraction de gain est soumise : au PFU de 30 % pour les versements effectués après le 27/09/2017 et les contrats de moins de 8 ans ; à un taux réduit (7,5 % IR après abattement de 4 600 €/an) pour les contrats de plus de 8 ans, ce qui est plus favorable que le PFU standard pour les épargnants de long terme.
Sources & textes de référence
1Art. 200 A du CGI — PFU (flat tax 31,4%) : taux, champ d'application, option barème. Legifrance →
2Art. 158-3 du CGI — Abattement de 40 % sur les dividendes en cas d'option barème IR. Legifrance →
3Art. L136-6 du CSS — Composition et taux des prélèvements sociaux (CSG, CRDS, PS). Legifrance →
4Bofip — BOI-RPPM-RCM-20-15 — Documentation fiscale sur le PFU et l'option barème. Bofip →