⚖️ Succession•~13 min de lecture•Niveau : Débutant•Mis à jour le 21 mai 2026
Qui hérite de combien
Enfants, conjoint, parents, frères et sœurs… La loi fixe un ordre précis et des parts déterminées. Découvrez qui hérite, dans quel ordre, et comment se calculent les parts légales.
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Les 4 ordres d’héritiers
Le Code civil classe les héritiers en 4 ordres. Un ordre exclut totalement le suivant : s’il existe un seul héritier dans le 1er ordre, les ordres suivants ne reçoivent rien.
Ordre
Héritiers concernés
1er
Les descendants : enfants, petits-enfants…
2e
Parents + frères et sœurs (et leurs descendants)
3e
Ascendants autres que les parents (grands-parents…)
4e
Collatéraux ordinaires jusqu’au 6e degré (oncles, cousins)
💡 Le conjoint, à part
Le conjoint survivant n’appartient à aucun ordre : il dispose de droits propres qui se combinent avec ceux des autres héritiers. Le partenaire de PACS et le concubin, eux, ne sont pas héritiers légaux.
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La règle du degré
À l’intérieur d’un ordre, on classe par degré (nombre de générations). Le plus proche en degré prime. À égalité de degré, on partage par tête.
📊 Exemple : la succession de Jeanne
Jeanne décède sans enfant ni conjoint. Restent sa mère (1er degré) et un frère (2e degré). En présence d’un parent et de collatéraux privilégiés, la mère reçoit 1/4 et le frère 3/4. Si les deux parents étaient vivants, ils auraient reçu 1/4 chacun et le frère 1/2.
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En présence d’enfants
Les enfants héritent à parts égales, quel que soit leur sexe, leur rang ou qu’ils soient issus de lits différents. La présence d’enfants réduit fortement les droits du conjoint.
Situation
Part des enfants
Part du conjoint
1 enfant
3/4 (ou 100% nue-pr.)
1/4 PP ou 100% usufruit*
2 enfants
2/3 partagés
1/4 PP ou 100% usufruit*
3 enfants et +
3/4 partagés
1/4 PP ou 100% usufruit*
* Le conjoint choisit entre 1/4 en pleine propriété ou la totalité en usufruit, uniquement si tous les enfants sont communs. Voir le guide dédié au conjoint.
✅ Égalité absolue entre enfants
Un parent ne peut pas déshériter un enfant : la réserve héréditaire le garantit. Il peut seulement avantager l’un d’eux dans la limite de la quotité disponible.
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Sans enfant : conjoint et parents
Sans descendant, la répartition dépend de la présence des parents et du conjoint.
Situation (sans enfant)
Répartition
Conjoint + 2 parents
Conjoint 1/2, chaque parent 1/4
Conjoint + 1 parent
Conjoint 3/4, parent 1/4
Conjoint seul
Conjoint 100% (sauf droit de retour)
Ni conjoint ni parent
Frères/sœurs, puis ordres suivants
⚠️ Le droit de retour des parents
Sur les biens qu’un parent avait donnés à l’enfant décédé sans postérité, ce parent peut exercer un droit de retour légal (jusqu’à 1/4 de la succession) pour récupérer le bien donné.
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La représentation successorale
La représentation permet aux descendants d’un héritier prédécédé (ou renonçant) de prendre sa place et sa part.
📊 Exemple : la succession de Marc
Marc a 2 enfants : Léa (vivante) et Paul (décédé avant lui, laissant 2 enfants). Léa reçoit 1/2. La part de Paul (1/2) est partagée entre ses 2 enfants par représentation : 1/4 chacun. Sans représentation, les petits-enfants n’auraient rien reçu.
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Le conjoint survivant
Le conjoint survivant est aujourd’hui bien protégé, depuis la réforme de 2001 qui en a fait un héritier à part entière. Ses droits varient selon la présence d’enfants et leur origine.
💡 À approfondir
Les droits du conjoint (option 1/4 / usufruit, droit au logement, conversion de l’usufruit) sont détaillés dans notre guide « Marié : ce que la loi prévoit » et « Le logement du conjoint survivant ».
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FAQ
Qu’est-ce que la réserve héréditaire ?
La réserve est la part minimale garantie par la loi aux héritiers réservataires (enfants, et conjoint en l’absence d’enfants). Elle varie selon le nombre d’enfants : 1/2 si 1 enfant, 2/3 si 2 enfants, 3/4 si 3 enfants ou plus. Le testateur ne peut pas priver ses enfants de cette réserve par testament ou donations. La quotité disponible (ce qu’il peut librement disposer) est le complément.
Que se passe-t-il en l’absence de testament et d’héritiers proches ?
Si personne n’accepte la succession ou si aucun héritier jusqu’au 6e degré ne peut être identifié, les biens reviennent à l’État (succession en déshérence). L’État devient propriétaire des biens et l’administration fiscale règle les dettes de la succession. C’est rare, mais arrive pour des personnes sans famille et sans testament.
Les enfants adoptifs ont-ils les mêmes droits que les enfants biologiques ?
Oui, totalement. Depuis 1966, les enfants adoptés en adoption plénière ont exactement les mêmes droits successoraux que les enfants biologiques. Ils héritent de leurs parents adoptifs et non de leurs parents biologiques. L’adoption simple donne aussi des droits successoraux mais l’enfant conserve aussi ses droits vis-à-vis de sa famille d’origine.
Les petits-enfants peuvent-ils hériter directement ?
Oui, par deux voies : (1) la représentation si leur parent (enfant du défunt) est prédécédé ou a renoncé ; les petits-enfants partagent alors la part de leur parent. (2) Par testament ou donation directe : le grand-parent peut léguer directement à ses petits-enfants dans la quotité disponible. Fiscalement, les abattements pour les petits-enfants sont de 1 594 € (nettement moins qu’entre parents et enfants).
Comment fonctionne la fente successorale pour les successions sans enfants ?
En l’absence d’enfants, la succession se divise en deux « lignes » (fente) : la ligne paternelle et la ligne maternelle. Chaque ligne reçoit 50 % de la succession. Dans chaque ligne, on applique l’ordre des héritiers (parents, frères et sœurs, oncles et tantes…). Ce mécanisme assure que la succession ne part pas entièrement du côté d’une seule famille.
Un enfant peut-il exclure son parent de la succession de ses grands-parents ?
Non. Un enfant ne peut pas « bloquer » les droits de ses propres enfants (petits-enfants du défunt). En revanche, en renonçant à la succession, il libère automatiquement la représentation au profit de ses propres enfants. Cette stratégie est parfois utilisée pour transmettre directement un patrimoine de grand-parents à petits-enfants, en évitant une double imposition.
Sources & références
1Code civil, art. 734 à 740 — Ordres d’héritiers et degrés Legifrance →
2Code civil, art. 751 à 755 — La représentation successorale Legifrance →
3Code civil, art. 756 à 757-3 — Droits du conjoint survivant Legifrance →