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📰 Transmission~14 min de lectureNiveau : AvancéMis à jour le 20 mai 2026

La réserve héréditaire et la quotité disponible

La réserve héréditaire est la fraction du patrimoine que la loi garantit aux enfants. Toute libéralité — donation ou legs — qui dépasse la quotité disponible peut être réduite par les héritiers réservataires. Comprendre ces règles est fondamental avant toute stratégie de transmission.

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Principe de la réserve

La réserve héréditaire est la part minimale garantie aux enfants (et exceptionnellement au conjoint). Elle est calculée sur la masse de calcul = actif net + donations antérieures rappelées.

Nombre d’enfantsRéserve totaleQuotité disponible
1 enfant1/21/2
2 enfants2/31/3
3 enfants et +3/41/4
Pas d’enfantsQuasi nulle*Quasi totale

* Sans enfants, seul le conjoint peut avoir une réserve (1/4) si déshérité et sans autre ressource.

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La masse de calcul

La réserve n’est pas calculée sur le seul actif au décès, mais sur une masse élargie incluant les donations passées.

📊 Calcul de la masse successorale

Formule :
Masse = Actif net au décès + Donations antérieures rapportées

Exemple : Henri décède avec 200 000 € d’actif net. Il avait donné 150 000 € à son fils il y a 5 ans et 100 000 € à une association.

Masse : 200 000 + 150 000 (donation enfant) + 100 000 (donation assoc) = 450 000 €
Réserve (1 enfant = 1/2) : 225 000 €
Le fils a déjà reçu 150 000 € → il reste à lui verser 75 000 €
La donation à l’association excède la quotité disponible → réductible de 75 000 €

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La réduction pour atteinte à la réserve

Quand la quotité disponible est dépassée, les héritiers réservataires peuvent demander la réduction des liberalités excessives. Ordre de réduction : d’abord les legs (testament), puis les donations en partant de la plus récente.

⚠️ Préscrition de l’action en réduction

L’action en réduction se prescrit par 5 ans à compter de l’ouverture de la succession (ou 2 ans à compter de la découverte de l’atteinte si plus tardive). Passé ce délai, les donations excessives ne peuvent plus être contestées.

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Le rapport des donations

Le rapport est l’obligation pour un héritier de « rapporter » fictionnellement à la masse les donations qu’il a reçues, pour assurer l’égalité entre cohéritiers.

📊 Exemple de rapport

Marie et Pierre sont 2 enfants. Marie a reçu une donation de 80 000 € il y a 3 ans. À la succession, l’actif net est de 120 000 €.

Masse avec rapport : 120 000 + 80 000 = 200 000 €
Part de chacun : 100 000 €
Marie a déjà reçu 80 000 € → elle touche 20 000 € supplémentaires
Pierre touche 100 000 €

💡 Éviter le rapport : la dispense

Une donation faite « hors part successorale » (avec dispense de rapport) n’est pas rapportée. Elle est prise sur la quotité disponible. Le donateur doit mentionner expressément cette dispense dans l’acte de donation.

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La renonciation anticipée à la réserve (RAAR)

Depuis 2006, un héritier réservataire peut, du vivant du défunt et avec son accord, renoncer par avance à exercer l’action en réduction. Conditions strictes : acte notarié, présence de deux notaires.

✅ Utilité principale de la RAAR

Permet à un parent de transmettre librement un bien spécifique (entreprise, bien immobilier) à l’un de ses enfants ou à un tiers, avec l’accord des autres enfants qui renoncent à contester. Très utile pour les transmissions d’entreprise.

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FAQ

Qu’est-ce que la réserve héréditaire ?
La réserve est la part minimale du patrimoine garantie par la loi aux héritiers réservataires (enfants et, à défaut, conjoint). Elle varie selon le nombre d’enfants : 1/2 si 1 enfant, 2/3 si 2 enfants, 3/4 si 3 ou plus. Le testateur ne peut pas priver ses enfants de leur réserve. La quotité disponible (1/2, 1/3 ou 1/4 selon le cas) est ce dont il peut librement disposer.
Peut-on réduire la réserve héréditaire de ses enfants ?
Non en principe. La réserve est d’ordre public. Toutefois, l’action en réduction (exercée par l’héritier lésé) est nécessaire : si l’enfant ne la demande pas, une transmission excédant la quotité disponible reste valable. La renonciation anticipée à l’action en réduction (RAAR) permet à un enfant de renoncer par avance à contester les donations de ses parents dans la limite de la réserve.
Les donations du vivant réduisent-elles la réserve disponible à la succession ?
Oui. Toutes les donations antérieures sont rapportées fictivement à la succession pour vérifier que la réserve n’est pas atteinte. Si des donations excèdent la quotité disponible, les héritiers réservataires peuvent exercer une action en réduction pour récupérer en valeur la part qui leur est due. La donation-partage évite ce risque en répartissant dès aujourd’hui.
L’assurance-vie peut-elle att enter à la réserve ?
Oui si les primes versées sont « évidemment exagérées » par rapport au patrimoine et aux revenus du souscripteur. Dans ce cas, les héritiers réservataires peuvent demander réintégration des primes exagérées dans la masse successorale pour calculer leur réserve. Les primes « raisonnables » par rapport au patrimoine total échappent à cette contestation.
La réserve s’applique-t-elle pour les biens situés à l’étranger ?
Dépend de la loi applicable à la succession. Depuis le règlement européen 650/2012, la loi de la résidence habituelle du défunt s’applique à l’ensemble de la succession dans l’UE (sauf certains pays). Un Français résidant en France : droit français avec réserve sur tous ses biens. Un Français résidant en un pays sans réserve (comme le Royaume-Uni) : peut opter pour la loi française par testament pour préserver la réserve.
Comment avantager un enfant sans léser les autres ?
En utilisant la quotité disponible : le testament peut attribuer cette fraction à l’enfant choisi (en plus de sa réserve). Une donation-partage inégalitaire avec soulte permet aussi de donner plus à l’un, les autres recevant leur part en numéraire ou d’autres actifs. L’assurance-vie avec un enfant comme bénéficiaire est aussi un outil d’avantage hors succession.
Sources & références
1Code civil, art. 912 à 930-5 — Réserve héréditaire et quotité disponible. Legifrance →
2Code civil, art. 843 à 869 — Du rapport des donations. Legifrance →