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💼 Fiscalité pro~14 min de lectureNiveau : IntermédiaireMis à jour le 21 mai 2026

La déclaration contrôlée : le réel des libéraux

La déclaration contrôlée est le régime réel des professions libérales : le bénéfice se calcule à partir des recettes encaissées diminuées des dépenses réelles, via la déclaration 2035. Plus exigeante que le micro-BNC, elle permet de déduire toutes les charges professionnelles et, surtout, les cotisations de retraite et prévoyance facultatives — un levier majeur pour les hauts revenus. Ce guide détaille la 2035, les déductions spécifiques aux libéraux et un exemple chiffré complet.

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La déclaration contrôlée : le réel des BNC

La déclaration contrôlée est le régime réel des bénéfices non commerciaux. Elle s'applique obligatoirement au-delà du seuil du micro-BNC (77 700 € de recettes), et sur option en deçà. Son principe : déterminer le bénéfice imposable à partir des recettes réelles encaissées diminuées des dépenses réelles payées.

Contrairement au micro-BNC et son abattement forfaitaire, la déclaration contrôlée permet de déduire l'intégralité des charges professionnelles effectives : local, matériel (amorti), personnel, cotisations obligatoires et facultatives, frais de déplacement, documentation, etc. C'est le régime de référence des libéraux installés.

💡 Pourquoi « contrôlée » ?

Le terme vient de ce que le bénéfice est déterminé par le contribuable sous le contrôle de l'administration, à partir d'une comptabilité détaillée des recettes et dépenses. C'est l'équivalent, pour les BNC, du régime réel des BIC — avec la spécificité d'une comptabilité de trésorerie (encaissements/décaissements) plutôt que d'engagement.

La déclaration contrôlée implique une comptabilité rigoureuse et, en pratique, le recours à un expert-comptable. Elle ouvre en contrepartie de puissants leviers d'optimisation, notamment la déduction des cotisations de retraite et de prévoyance facultatives, très avantageuse pour les libéraux à hauts revenus.

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La déclaration 2035 et son contenu

La déclaration de résultat des BNC au réel est la déclaration n° 2035, accompagnée de ses annexes. Elle retrace les recettes, les dépenses ventilées par catégorie, les amortissements, les plus ou moins-values, et aboutit au bénéfice (ou déficit) reporté sur la déclaration de revenus.

Élément de la 2035Contenu
RecettesHonoraires et gains encaissés dans l'année
Dépenses professionnellesCharges ventilées (achats, loyer, personnel, etc.)
AmortissementsDotations sur les immobilisations
Plus/moins-valuesCessions d'éléments d'actif
RésultatBénéfice ou déficit reporté sur la 2042
📊 Le registre des immobilisations

Comme en BIC au réel, le libéral en déclaration contrôlée tient un registre des immobilisations et amortissements : matériel médical, informatique, mobilier, aménagement du cabinet, véhicule professionnel. Ces biens durables sont amortis sur leur durée d'usage, et non déduits en une fois.

La 2035 est télétransmise au printemps (procédure EDI), généralement par l'expert-comptable. Le bénéfice qui en résulte est ensuite reporté sur la déclaration de revenus du foyer et soumis au barème progressif de l'IR (en exercice individuel).

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Recettes, dépenses et résultat

Le calcul suit la logique de trésorerie : on additionne les recettes encaissées, on soustrait les dépenses payées et les dotations aux amortissements. Les recettes incluent honoraires, vacations et gains accessoires ; les dépenses couvrent l'ensemble des frais professionnels justifiés.

Catégorie de dépenseExemples (libéral)
Achats et fournituresPetit matériel, consommables
Charges externesLoyer du cabinet, énergie, assurances, honoraires comptables
PersonnelSalaire d'un secrétariat, charges sociales
Cotisations socialesObligatoires (URSSAF, caisse de retraite) et facultatives
DéplacementsVéhicule (quote-part), transports, congrès
AmortissementsMatériel, informatique, aménagements
⚠️ Les mêmes limites qu'en BIC

Les règles de déductibilité et leurs limites s'appliquent : véhicule de tourisme plafonné, repas partiellement déductibles, dépenses personnelles exclues, justificatifs obligatoires. La frontière entre dépense professionnelle et personnelle est tout aussi surveillée qu'en BIC (voir notre guide sur les charges déductibles).

La déclaration contrôlée permet aussi de constater un déficit (impossible au micro-BNC), imputable sur le revenu global du foyer dans les conditions de droit commun — un atout en phase d'investissement ou de démarrage coûteux.

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Les déductions spécifiques aux libéraux

Le grand avantage de la déclaration contrôlée pour les libéraux réside dans la déduction des cotisations facultatives de retraite et de prévoyance. Le PER individuel (ayant remplacé les contrats Madelin) permet de déduire des versements importants dans des plafonds avantageux, calculés sur le bénéfice professionnel.

Déduction spécifiqueEffet
Cotisations PER / retraite facultativeDéductibles dans un plafond lié au bénéfice
Cotisations prévoyance et santé (Madelin/PER)Déductibles dans les limites légales
Rétrocessions d'honorairesDéduites des recettes
Cotisations ordinales et syndicalesDéductibles
Frais de formation continueDéductibles
✅ Un double avantage pour les hauts revenus

Pour un libéral à hauts revenus, alimenter un PER individuel au titre professionnel produit un double effet : il réduit le bénéfice imposable aujourd'hui (donc l'impôt et, dans certaines limites, l'assiette sociale) tout en constituant une retraite. C'est l'un des leviers les plus efficaces de la déclaration contrôlée, totalement inaccessible au micro-BNC. Voir notre guide dédié à l'épargne retraite du TNS.

Cette possibilité de déduction explique pourquoi de nombreux libéraux à revenus élevés préfèrent la déclaration contrôlée même lorsque leurs charges courantes sont modérées : le gain ne vient pas seulement des charges d'exploitation, mais aussi de l'optimisation retraite-prévoyance.

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Un exemple chiffré complet

Comparons pour Hugo, kinésithérapeute libéral, recettes de 90 000 € (au-delà du seuil micro, donc en déclaration contrôlée obligatoire). Voici la construction de son bénéfice imposable.

PosteMontant
Recettes encaissées+ 90 000 €
Loyer et charges du cabinet− 14 000 €
Matériel et consommables− 6 000 €
Cotisations sociales obligatoires− 18 000 €
Amortissement équipements− 4 000 €
Frais divers (assurance, déplacements…)− 8 000 €
Versement PER déductible− 7 000 €
Bénéfice imposable33 000 €
📊 Comparaison avec le micro-BNC

Au micro-BNC (si le seuil le permettait), Hugo aurait été imposé sur 66 % de 90 000 €, soit 59 400 €. En déclaration contrôlée, grâce à la déduction de ses charges réelles (57 000 €) et de son PER, son bénéfice imposable tombe à 33 000 €. L'écart de base imposable est considérable — ses charges réelles dépassent très largement l'abattement forfaitaire de 34 %.

Cet exemple illustre la supériorité de la déclaration contrôlée pour un libéral installé avec de vraies charges et une stratégie retraite. Le coût de l'expert-comptable est largement compensé par l'économie d'impôt et la constitution d'une épargne retraite déductible.

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Questions fréquentes

Quelle déclaration pour la déclaration contrôlée ?
La déclaration n° 2035 et ses annexes, télétransmises au printemps. Le bénéfice qui en résulte est reporté sur la déclaration de revenus du foyer (2042) et soumis au barème progressif de l'IR pour un exercice en nom propre.
Puis-je vraiment déduire mon PER en déclaration contrôlée ?
Oui, c'est l'un de ses grands atouts. Les versements sur un PER individuel (ex-Madelin) au titre professionnel sont déductibles du bénéfice dans un plafond calculé sur ce bénéfice. Cela réduit l'impôt tout en constituant votre retraite — un levier particulièrement puissant pour les hauts revenus libéraux.
La déclaration contrôlée est-elle obligatoire au-delà d'un certain seuil ?
Oui. Au-delà de 77 700 € de recettes annuelles (sur deux années consécutives pour le dépassement), vous quittez le micro-BNC pour la déclaration contrôlée. Vous pouvez aussi y opter volontairement en deçà du seuil si elle est plus avantageuse.
Sources & références
1CGI, art. 93 (bénéfice BNC réel) Legifrance →
2CGI, art. 96 (régime de la déclaration contrôlée) Legifrance →
3CGI, art. 154 bis (cotisations déductibles des libéraux) Legifrance →
4BOFiP-BNC-BASE (détermination du bénéfice BNC) Legifrance →