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💼 Fiscalité pro~13 min de lectureNiveau : DébutantMis à jour le 21 mai 2026

Le micro-BNC : forfait à 34 % pour les libéraux

Le micro-BNC applique un abattement forfaitaire de 34 % aux recettes encaissées des professions libérales : vous êtes imposé sur 66 % de vos recettes, sans comptabilité de charges. Idéal pour les libéraux à faibles charges (consultants, formateurs), il montre ses limites dès que les frais montent ou que l'on veut déduire d'importantes cotisations de retraite. Ce guide détaille le seuil, les options d'imposition, les cotisations et la comparaison avec la déclaration contrôlée.

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Le micro-BNC : un forfait à 34 %

Le micro-BNC est le régime forfaitaire applicable aux professions libérales et activités non commerciales dont les recettes annuelles ne dépassent pas le seuil légal. Son principe est identique aux autres régimes micro : le bénéfice imposable est obtenu en appliquant un abattement forfaitaire de 34 % aux recettes encaissées.

Concrètement, vous déclarez vos recettes, et l'administration considère que 34 % d'entre elles couvrent vos charges : vous êtes donc imposé sur 66 % de vos recettes. Aucune comptabilité de dépenses, aucune déduction de frais réels — juste un suivi des recettes encaissées.

💡 Pour qui le micro-BNC est-il taillé ?

Le micro-BNC est idéal pour les libéraux à faibles charges : consultants, formateurs, rédacteurs, développeurs indépendants qui travaillent depuis chez eux avec peu de matériel. Si vos charges réelles représentent moins de 34 % de vos recettes, le forfait vous est favorable et vous évite toute comptabilité complexe.

Le micro-BNC est le régime par défaut sous le seuil, mais on peut toujours opter pour la déclaration contrôlée si elle est plus avantageuse. L'abattement minimal est de 305 €, ce qui protège les très petites activités.

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Le seuil de recettes et les obligations

Le micro-BNC s'applique tant que les recettes annuelles restent sous le seuil de 77 700 €. Comme pour le micro-BIC, un mécanisme de tolérance permet de rester au micro l'année du premier dépassement, avec bascule à la déclaration contrôlée en cas de dépassement sur deux années consécutives.

ÉlémentMicro-BNC
Seuil de recettes77 700 €
Abattement forfaitaire34 %
Abattement minimum305 €
ComptabilitéLivre des recettes uniquement
Déduction des frais réelsImpossible
⚠️ Seuil micro et seuil de TVA : distincts

Comme pour les commerçants, le seuil du micro-BNC (77 700 €) est différent du seuil de franchise de TVA pour les prestations de services (plus bas). Un libéral peut donc rester au micro-BNC tout en devenant redevable de la TVA. Certaines professions (médicales notamment) bénéficient toutefois d'exonérations de TVA spécifiques.

Les obligations sont minimales : tenir un livre des recettes détaillé (date, montant, identité du client, mode de règlement) et conserver les justificatifs. Pas de bilan, pas de liasse fiscale, pas de déclaration 2035 — le bénéfice est reporté directement sur la déclaration de revenus.

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Impôt : abattement ou versement libératoire

Pour l'impôt sur le revenu, le libéral au micro-BNC dispose des mêmes options que les autres micro-entrepreneurs. Par défaut, le bénéfice forfaitaire (recettes après abattement de 34 %) s'ajoute aux revenus du foyer et est soumis au barème progressif.

Sur option et sous condition de revenu fiscal de référence, le versement libératoire permet de payer l'IR au fil de l'eau, à hauteur de 2,2 % des recettes. Comme pour les autres activités, ce choix est avantageux si la TMI est élevée, mais défavorable si l'on est peu ou pas imposable.

Option fiscaleModalitéQuand la choisir
Abattement (défaut)Bénéfice = 66 % des recettes, soumis au barèmeTMI faible ou nulle
Versement libératoire2,2 % des recettes payé avec les cotisationsTMI élevée
📊 Exemple pour un consultant

Un consultant libéral encaisse 60 000 €. Au micro-BNC, son bénéfice imposable est de 39 600 € (60 000 − 34 %). S'il opte pour le versement libératoire, il paie 1 320 € d'IR (2,2 % de 60 000 €) au fil de l'eau. Ce choix est gagnant si son impôt au barème sur 39 600 € aurait été supérieur à 1 320 € — donc s'il a d'autres revenus le plaçant dans une tranche élevée.

La règle de décision reste la même : comparez le taux du versement libératoire (2,2 %) à votre taux moyen d'imposition réel. Si vous êtes dans une tranche élevée, le versement libératoire allège la facture ; si vous êtes faiblement imposé, il vous coûte un impôt que le barème ne vous réclamerait pas.

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Cotisations sociales du libéral au micro

Les cotisations sociales du libéral au micro sont forfaitaires, calculées sur les recettes encaissées. Leur taux varie selon la caisse de rattachement (régime général des indépendants ou caisses spécifiques selon la profession).

SituationTaux de cotisations (ordre de grandeur)
Activité libérale relevant du régime général≈ 21,1 % à 23,1 % des recettes
Professions relevant d'une caisse spécifiqueTaux propre à la caisse
⚠️ Une couverture sociale à compléter

Comme tout micro, les cotisations sont assises sur les recettes après abattement : faibles cotisations, mais couverture sociale modeste (retraite, prévoyance). Un libéral dont c'est l'activité principale a tout intérêt à souscrire une prévoyance et à alimenter un PER — même si, au micro, ces cotisations facultatives ne sont pas déductibles du bénéfice forfaitaire (l'abattement est censé tout couvrir).

C'est là une limite importante du micro-BNC : contrairement à la déclaration contrôlée, il ne permet pas de déduire les cotisations facultatives de retraite et de prévoyance. Pour un libéral qui souhaite épargner massivement pour sa retraite en déduisant ces versements, le réel devient plus intéressant.

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Micro-BNC ou déclaration contrôlée ?

L'arbitrage entre micro-BNC et déclaration contrôlée repose sur trois questions : le poids de vos charges réelles, vos investissements, et votre volonté de déduire des cotisations facultatives.

CritèreMicro-BNCDéclaration contrôlée
Charges réelles < 34 % des recettes
Charges réelles > 34 % des recettes
Investissements à amortir
Cotisations PER/prévoyance à déduire
Recherche de simplicité maximale
Activité déficitaire
🧾 La règle simple du libéral

Si vos charges réelles dépassent 34 % de vos recettes, ou si vous voulez déduire d'importantes cotisations de retraite et de prévoyance, passez à la déclaration contrôlée. Sinon, le micro-BNC vous offre simplicité et légèreté. Beaucoup de consultants et formateurs à faibles charges restent durablement au micro-BNC sans y perdre.

Comme toujours, intégrez le coût de gestion de la déclaration contrôlée (expert-comptable). Le passage se révalue chaque année : une activité qui investit, embauche ou monte en charges finit généralement par basculer au réel. Voir notre guide dédié à la déclaration contrôlée.

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Questions fréquentes

Quel est l'abattement du micro-BNC ?
34 % des recettes encaissées, avec un minimum de 305 €. Vous êtes donc imposé sur 66 % de vos recettes, ce forfait étant censé couvrir l'ensemble de vos charges professionnelles. Aucune déduction de frais réels n'est possible au micro-BNC.
Puis-je déduire mon PER au micro-BNC ?
Pas du bénéfice professionnel forfaitaire : l'abattement de 34 % est censé couvrir toutes les charges, cotisations facultatives comprises. Vous pouvez en revanche déduire un PER individuel de votre revenu global dans le cadre du plafond personnel classique. Pour déduire de gros versements au titre professionnel, la déclaration contrôlée est nécessaire.
Le micro-BNC convient-il à un médecin ?
Pour un médecin débutant à faibles charges, éventuellement. Mais dès que les charges (local, matériel, personnel, cotisations élevées) deviennent importantes, ou que les recettes dépassent le seuil, la déclaration contrôlée s'impose. La plupart des professions médicales installées relèvent de la déclaration contrôlée.
Sources & références
1CGI, art. 102 ter (micro-BNC) Legifrance →
2CGI, art. 151-0 (versement libératoire) Legifrance →
3CSS, art. L613-7 (micro-social) Legifrance →
4Service-public : micro-BNC Legifrance →