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💼 Fiscalité pro~14 min de lectureNiveau : DébutantMis à jour le 21 mai 2026

Le régime micro-entrepreneur : seuils, impôt et cotisations

Le régime du micro-entrepreneur séduit par sa simplicité radicale : tout se calcule sur le chiffre d'affaires encaissé, via des abattements et des taux forfaitaires, sans comptabilité ni déduction de charges. C'est un excellent tremplin de démarrage… tant que vos charges réelles restent faibles. Ce guide détaille les seuils, le choix entre abattement et versement libératoire, les cotisations sociales, et les signaux qui indiquent qu'il est temps d'en sortir.

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Un régime forfaitaire ultra-simplifié

Le régime du micro-entrepreneur (anciennement auto-entrepreneur) est une variante simplifiée de l'entreprise individuelle. Il ne s'agit pas d'un statut juridique à part : on reste entrepreneur individuel, mais on bénéficie d'un régime fiscal et social allégé reposant sur un principe unique — tout se calcule sur le chiffre d'affaires encaissé, et non sur un bénéfice réel.

Concrètement, vous ne tenez pas de comptabilité d'engagement, vous ne déduisez aucune charge réelle, vous ne calculez ni amortissement ni résultat. Vous déclarez simplement votre chiffre d'affaires (mensuellement ou trimestriellement à l'URSSAF), et l'administration applique des forfaits : un abattement pour déterminer le bénéfice imposable, et un taux de cotisations sociales.

✅ Pour qui le micro est-il idéal ?

Le micro brille lorsque vos charges réelles sont faibles : activités de service à faible investissement, prestations intellectuelles, petites activités complémentaires. L'abattement forfaitaire suppose en effet un niveau de charges donné ; si vos charges réelles sont inférieures à cet abattement, vous êtes gagnant. Si elles sont supérieures, le régime réel devient plus intéressant.

La contrepartie de cette simplicité est l'impossibilité de déduire ses frais réels et de récupérer la TVA (tant qu'on reste en franchise). Le micro est donc un excellent tremplin de démarrage, mais il atteint vite ses limites dès que l'activité nécessite des investissements ou génère des charges significatives.

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Les seuils de chiffre d'affaires à connaître

Le bénéfice du régime micro est conditionné au respect de plafonds de chiffre d'affaires annuel, qui dépendent de la nature de l'activité. Ces seuils sont réévalués périodiquement.

Type d'activitéSeuil micro (CA annuel)Abattement forfaitaire
Vente de marchandises, fourniture de logement (BIC)188 700 €71 %
Prestations de services commerciales/artisanales (BIC)77 700 €50 %
Professions libérales et prestations (BNC)77 700 €34 %
⚠️ Seuil micro et seuil de TVA : ne pas confondre

Le plafond pour rester au régime micro (188 700 / 77 700 €) est différent du seuil de la franchise en base de TVA, plus bas. On peut donc rester micro-entrepreneur tout en devenant redevable de la TVA si l'on dépasse le seuil de franchise. C'est une source fréquente de confusion : ces deux régimes obéissent à des seuils distincts (voir le guide dédié à la franchise de TVA).

En cas de dépassement, une année de tolérance s'applique généralement : le régime micro est maintenu l'année du premier dépassement, puis on bascule au réel si le seuil est dépassé deux années consécutives. La première année d'activité, les seuils sont par ailleurs proratisés en fonction de la durée d'exercice.

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L'impôt : abattement forfaitaire ou versement libératoire

Pour l'impôt sur le revenu, le micro-entrepreneur dispose de deux options. Par défaut, le régime micro-fiscal s'applique : l'administration calcule un bénéfice forfaitaire en appliquant l'abattement à votre chiffre d'affaires, puis ce bénéfice s'ajoute aux revenus du foyer et est soumis au barème progressif.

Exemple : Camille, graphiste en BNC, encaisse 50 000 €. Abattement de 34 % → bénéfice imposable de 33 000 €, ajouté aux revenus du foyer et taxé selon la TMI. Notez que l'abattement minimal est de 305 € et que vous êtes taxé sur le bénéfice forfaitaire même si vos charges réelles ont été supérieures — c'est tout l'enjeu du choix micro/réel.

📊 Le versement libératoire de l'impôt

Sur option, et sous condition de revenu fiscal de référence (N-2 inférieur à un plafond par part), vous pouvez payer l'impôt sur le revenu en même temps que vos cotisations, sous forme d'un pourcentage du chiffre d'affaires : 1 % (vente), 1,7 % (services BIC) ou 2,2 % (BNC). C'est intéressant si votre TMI est élevée, mais défavorable si vous êtes peu ou pas imposable — car vous paieriez de l'impôt là où le barème ne vous en réclamerait pas.

ActivitéVersement libératoire IRÀ comparer avec votre TMI
Vente de marchandises1 % du CAAvantageux si TMI élevée
Services (BIC)1,7 % du CAAvantageux si TMI élevée
Libéral (BNC)2,2 % du CAAvantageux si TMI élevée

La règle de décision est simple : le versement libératoire est presque toujours défavorable si vous n'êtes pas imposable (vous paieriez un impôt que vous ne devriez pas), et il devient intéressant lorsque votre TMI dépasse nettement le taux forfaitaire applicable.

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Les cotisations sociales du micro-entrepreneur

Les cotisations sociales du micro sont elles aussi forfaitaires : un pourcentage du chiffre d'affaires encaissé, versé à l'URSSAF. Pas de chiffre d'affaires, pas de cotisations — c'est l'un des grands atouts du régime, qui évite les appels de cotisations « à vide ».

ActivitéTaux de cotisations sociales (ordre de grandeur)
Vente de marchandises (BIC)≈ 12,3 %
Prestations de services (BIC)≈ 21,2 %
Professions libérales (BNC)≈ 21,1 % à 23,1 % selon caisse
⚠️ Une couverture sociale à la hauteur des cotisations

Comme les cotisations sont calculées sur le chiffre d'affaires après abattement, elles restent faibles — mais la couverture l'est aussi. Les droits à la retraite se constituent lentement, et la prévoyance (arrêt de travail, invalidité) est limitée. Un micro-entrepreneur dont c'est l'activité principale a tout intérêt à souscrire une prévoyance complémentaire et à épargner pour sa retraite.

À cela s'ajoutent généralement la contribution à la formation professionnelle (un faible pourcentage du CA) et, le cas échéant, la cotisation foncière des entreprises (CFE) due à partir de la deuxième année, avec une exonération possible pour les très faibles chiffres d'affaires.

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Limites du régime et signes qu'il faut en sortir

Le micro montre ses limites dans plusieurs situations. Le signal le plus clair : vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire. Si vous êtes graphiste BNC (abattement 34 %) mais que vos charges réelles représentent 50 % de votre CA, vous êtes taxé comme si vous n'aviez dépensé que 34 % : vous payez de l'impôt sur un bénéfice que vous n'avez pas réellement réalisé.

Signal d'alerteConséquencePiste
Charges réelles > abattementImpôt sur un bénéfice fictifPasser au réel
Investissements importantsPas d'amortissement déductiblePasser au réel / société
TVA à récupérer sur achatsTVA non déductible en franchiseSortir de la franchise
CA proche du plafondRisque de sortie subieAnticiper le changement de régime
Besoin de capitaliser/réinvestirTout imposé à l'IRCréer une société à l'IS
📈 La sortie se prépare, elle ne se subit pas

Quitter le micro pour le réel (ou créer une société) n'est pas un échec : c'est le signe que votre activité a grandi. L'idéal est d'anticiper ce passage avec un expert-comptable dès que vous approchez du plafond ou que vos charges montent, pour choisir le bon régime au bon moment plutôt que de subir un basculement automatique en cours d'année.

Pour aller plus loin, consultez nos guides sur le passage au réel, sur la franchise de TVA et sur le choix EI / société, qui détaillent chacune de ces transitions et leurs conséquences chiffrées.

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Questions fréquentes

Puis-je déduire mes frais en micro-entreprise ?
Non. Le régime micro repose sur un abattement forfaitaire censé couvrir l'ensemble de vos charges. Vous ne pouvez déduire ni vos achats, ni votre matériel, ni vos déplacements réels. Si vos charges sont élevées, le régime réel (qui permet la déduction) est généralement plus avantageux.
Le versement libératoire est-il toujours avantageux ?
Non. Il l'est si votre taux marginal d'imposition est élevé, mais il est défavorable si vous êtes faiblement ou non imposable, car vous paieriez alors un impôt (1 % à 2,2 % du CA) que le barème progressif ne vous réclamerait pas. Il faut comparer le taux forfaitaire à votre TMI réelle.
Que se passe-t-il si je dépasse le plafond de chiffre d'affaires ?
Vous bénéficiez en principe d'une année de tolérance, puis vous basculez au régime réel si le dépassement se confirme sur deux années consécutives. Il est prudent d'anticiper ce changement plutôt que de le subir, notamment pour la gestion de la TVA et de la comptabilité.
Sources & références
1CGI, art. 50-0 (régime micro-BIC) Legifrance →
2CGI, art. 102 ter (régime micro-BNC) Legifrance →
3CGI, art. 151-0 (versement libératoire) Legifrance →
4CSS, art. L613-7 (régime micro-social) Legifrance →